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Discours de Monsieur Le Maire - 14 juillet 2018

               

Mesdames, Messieurs,


Vous le savez maintenant, le 14 juillet, il n’y a pas de message officiel du ministre des anciens combattants. Il convient donc de trouver l’inspiration pour évoquer un thème qui rappelle les valeurs de notre république en cette fête nationale.

 

En 2018, nous commémorons le 70ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’homme, proclamée le 10 décembre 1948 par l’assemblée générale des Nations Unies au Palais de Chaillot, elle définit les droits fondamentaux de l’Homme. Bien entendu, elle s’inspire de celle du 26 août 1789, votée par l’assemblée nationale constituante lors de la révolution française.

Rappelons que sous l’ancien régime, au XVIIIème siècle, un noble pouvait faire pendre son valet pour vol ; de telles sanctions ont été appliquées à des enfants. Il ne fait donc aucun doute que ces déclarations des droits de l’homme constituent un progrès pour l’humanité et qu’elles doivent être défendues et commémorées.

Ces valeurs font partie de notre surmoi et guident notre manière de penser, de vivre et c’est tant mieux !

Toutefois, nous nous trouvons devant des cas de conscience compliqués dans certaines situations : par exemple face à un squat au niveau local et face au problème des réfugiés au niveau international.

Un squat génère des troubles de voisinage, quelques délits et à la fin des trafics. L’Agglo d’Annemasse, propriétaire du bâtiment squatté, recherche une solution humaine et digne des valeurs évoquées plus haut. Avec le concours de l’Etat, un transfert de ces personnes vers une base de vie peut être envisagée, encore faut-il trouver le tènement nécessaire à la création de cet accueil, cela n’est pas le cas pour l’instant.

Pour les réfugiés au niveau international, nous gardons en mémoire de terribles souvenirs. En 1938, l’annexion de l’Autriche et la nuit de cristal firent exploser le nombre de visas demandés par les juifs Allemands et Autrichiens. Trente-deux pays occidentaux participèrent à la conférence d’Evian de juillet 1938 organisée à ce sujet, un seul, la république Dominicaine accepte de recevoir des réfugiés supplémentaires. En 1939, 309.000 Juifs demandent à aller aux Etats-Unis alors que le quota les limite à 27.000. Un millier d’entre eux embarquent sur le paquebot Saint-Louis à Hambourg. L’Atlantique traversée, le navire est refoulé de Cuba et des USA en mai 1939. Il dût retourner en Allemagne ou le loup NAZI attendait ses passagers la gueule ouverte, ces derniers furent presque tous exterminés !

La situation, du moins en Europe, n’a rien de commun avec celle des années quarante. Mais tout cela nous interpelle, même si nous ne faisons pas partie des riches des pays riches. Nos gouvernements interviennent dans des conflits locaux, pas toujours à bon escient, nous exploitons la plus grosse partie des richesses de la planète, personne ne sait comment l’agriculture nourrira l’humanité demain. De plus, la crise climatique qui ne se résorbe pas pourrait entraîner des migrations de population beaucoup plus importante que celles d’aujourd’hui. Comme le dit Jacques Ellul, l’occidental se sent coupable face à ces situations, et comme on ne peut pas vivre continuellement dans la culpabilité, la TENTATION du RACISME, du repli sur soi est GRANDE.

Mais il y a des réactions dignes de nos valeurs, comme en Belgique où depuis le mois de septembre, plus de 47.000 Belges sans distinction d’âge, de profession, de revenu, transportent, protègent et hébergent chez eux des migrants. « On fait comme on peut, on donne ce que l’on a, personne ne vous demande plus que ce que vous pouvez offrir » dit l’un d’eux.

Une plateforme issue de l’exemple ci-dessus « Migration 59 » existe entre Calais et Lille où 12.000 volontaires se proposent pour nourrir, transporter et héberger des migrants le week-end, et ce malgré la loi qui réprime le délit de solidarité pour toute assistance aux sans-papiers.

On peut revenir un instant sur les non-riches des pays riches, la plupart d’entre nous. Nous nous démenons dans les embouteillages, nous ne sommes pas à l’abri du chômage, de la précarité, si nous possédons un capital foncier rien ne nous dit que le PLU ne nous le bloquera pas pour préserver des espaces naturels. Nous avons l’impression qu’on nous demande toujours des efforts et que la solidarité bénéficie toujours aux autres…

Il serait malvenu de penser que les gens comme nous ont tout et se plaignent de façon injustifiée. Notre civilisation n’a pas résolu le problème de l’insécurité de l’avenir et de la répartition des richesses.

En s’appuyant sur les grands idéaux de la révolution et ce symbolique 14 juillet, ne peut-on concevoir de nouveau progrès quant à l’éradication de l’insécurité sociale ?

Par exemple, les pays Scandinaves investissement dans la personne ; ils sont champions de l’éducation avec presque pas d’illettrisme. Ils dépensent plus et mieux pour leurs chômeurs qui accèdent à de très chères formations.

Comme pour les pauvres, on investit dans l’humain, dans l’espoir de tirer les choses vers le haut.

Je n’ai évidemment pas la prétention d’avoir trouvé la solution aux grands problèmes de notre époque, je voulais simplement dans ces propos, nous rappeler que notre pays EST AUSSI LE PAYS DES DROITS DE L’HOMME !

Bonne fête nationale à tous…

Alain BOSSON, le 14 juillet 2018.

 

Textes de référence : Charlie-Hebdo n°27 – juin 2018 ; Siné Mensuel n°76 – juin 2018.

 

Consultez le Mot du Maire archivé en date du 4 septembre 2015

Consultez le Mot du Maire archivé en date du 26 septembre 2015

Consultez le Mot du Maire archivé en date du 15 janvier 2016

Consultez le Mot du Maire archivé en date du 14 juillet 2016

Consultez le Mot du Maire archivé en date du 14 juillet 2017.

Consultez le mot du Maire en hommage à Hervé HADAMAR, juin 2018.

 

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